Les Semaines Isséennes
des Droits de l’Enfant

Issy-les-Moulineaux est fière de porter le label Ville amie des enfants décerné par l’UNICEF. Cette reconnaissance n’est pas une récompense figée. Elle nous engage à placer l’enfant au cœur de nos politiques publiques, à écouter sa parole, à garantir son bien-être et à lui offrir les moyens de grandir en citoyen libre, respecté et protégé.

Les Semaines isséennes des droits de l’enfant traduisent cette ambition en actes. Coordonnées par le CLAVIM, avec l’ensemble de nos partenaires associatifs et institutionnels, elles proposent tout au long du mois de novembre une programmation riche et accessible à tous : des tout-petits et leurs parents aux adolescents, des familles aux professionnels. Spectacles, ateliers, lectures, projections, débats, et expositions permettront à chacun de découvrir, de comprendre et de défendre les droits de l’enfant.

Deux temps forts marqueront cette nouvelle édition. Le mardi 24 novembre à 19 h, l’Hôtel de Ville accueillera la table ronde « L’invisibilisation des enfants – De l’espace public aux politiques publiques, quelle place pour l’enfant ? ». En présence des membres du Conseil Communal des Jeunes, la Haute-commissaire à l’Enfance, la Présidente de l’UNICEF France et des acteurs engagés de la protection de l’enfance y débattront d’une question essentielle : comment faire de l’enfant un véritable sujet de droit, dont la parole est entendue ?

Le lundi 30 novembre de 8h30 à 13h, l’Espace Icare accueillera le colloque « La sexualité des adolescents à l’ère du numérique », organisé à l’occasion des 40 ans de l’association Agir Contre la Prostitution des Enfants (ACPE). Parents, professionnels de l’éducation, de la prévention, de l’action sociale et de la santé s’y réuniront pour mieux comprendre, afin de mieux protéger et accompagner nos adolescents.

Parce que la dignité de chaque enfant est l’affaire de tous, nous remercions chaleureusement celles et ceux qui font vivre ces semaines, et vous souhaitons à toutes et à tous de beaux moments de partage.

Thierry Lefèvre
Maire d’Issy-les-Moulineaux
Premier Vice-président de Grand Paris Seine Ouest

Alain Levy 

Président du CLAVIM 

Les enfants et les écrans

Le 17 novembre sera consacré à la question des familles et des écrans avec un atelier et une conférence au sein de l’Espace Parent Enfant.
Avec Nicole Garret-Gloanec, pédopsychiatre et membre expert du Haut Conseil de santé publique
Et avec Lise Haddouk, docteure en psychologie, maître de conférences en psychopathologie et spécialiste de la cyberpsychologie

Écrans et familles : regards croisés , Lise Haddouk et Nicole Garret

Faut-il bannir les écrans ou apprendre à vivre avec ? Deux spécialistes répondent aux questions des parents, chacune depuis son champ : les tout-petits de moins de trois ans pour l’une, la famille hyperconnectée et l’adolescence pour l’autre. Leurs regards se rejoignent sur un point : sortir du « pour ou contre » pour regarder les usages, l’âge de l’enfant et la qualité des liens.

Les intervenantes

Nicole Garret — Pédopsychiatre, Nicole Garret-Gloanec est membre expert du Haut Conseil de santé publique, commission spécialisée Santé des enfants et des jeunes. Ancienne cheffe de service de pédopsychiatrie au CHU de Nantes, elle a créé le Centre nantais de la parentalité et du développement en 2001. Elle intervient ici sur le développement du jeune enfant avant trois ans et sur ce que l’écran vient remplacer dans les échanges entre le bébé et l’adulte. Elle anime une conférence le mardi 17 novembre de 20h30 à 22h à l’initiative de l’Espace Parent-Enfant au sein de l’Espace Andrée Chedid.

Lise Haddouk — docteure en psychologie, maître de conférences en psychopathologie à l’Université de Rouen et psychologue clinicienne. Spécialiste de la cyberpsychologie, elle est l’autrice de L’entretien clinique à distance (Érès). Elle intervient ici sur l’hyperconnectivité, les liens familiaux et le dialogue avec les adolescents. Elle propose un atelier distantiel le mardi 17 novembre de 12h30 à 13h45 sur la préoccupation suivante : Comment trouver notre équilibre entre l’hyperconnectivité et l’harmonie familiale ?

Deux regards croisés

On entend tout et son contraire sur les écrans. En une phrase, quel message aimeriez-vous que les parents retiennent ?

Nicole Garret : Avant trois ans, le bébé a un besoin fondamental d’échanges avec des adultes disponibles, de mouvements, de jeux avec son propre corps et de découvertes dans le monde réel : protégeons ces expériences en évitant les écrans, y compris ceux qui captent notre propre attention.

Lise Haddouk : L’adaptation au monde actuel est complexe et les écrans font partie de ce monde dans lequel nos enfants grandissent ; notre rôle est de les accompagner dans ces espaces numériques, en fixant des repères et en maintenant un échange qui les protège.

Le débat se réduit souvent au « pour ou contre ». Pourquoi faut-il en sortir, selon vous ?

Nicole Garret : Parce que ce débat général masque l’essentiel : l’âge de l’enfant, ses besoins et la place que prennent les écrans dans sa vie quotidienne. Pour un bébé, la question est de comprendre ce que l’écran vient remplacer : un échange, des expériences sensorielles, un jeu, une exploration ou l’aide d’un adulte pour s’apaiser. Pour leur proposer des solutions concrètes, il faut aussi comprendre pourquoi les parents y recourent : parfois par fatigue ou faute de relais, pour rapidement assurer les tâches quotidiennes au retour du travail, pour calmer l’enfant ou parce qu’ils sont persuadés que les tablettes destinées aux tout-petits sont « pédagogiques ». Sortir du « pour ou contre » permet de tenir un message clair de prévention tout en accompagnant les familles.

Lise Haddouk : Un objet n’est ni bon ni mauvais en lui-même, et c’est aussi vrai des écrans et des outils numériques en général. Sortir du « pour ou contre », c’est recentrer le débat sur les usages et sur notre responsabilité collective à accompagner les plus vulnérables, pour promouvoir des usages plus responsables des outils numériques actuels et à venir.

Il est aussi essentiel de développer, en parallèle, un environnement numérique plus protecteur, un cyberespace plus sûr, tant sur le plan technique que sur le plan humain. Garder l’humain au centre de ces évolutions est essentiel pour l’avenir.

Les tout-petits face aux écrans, avec Nicole Garret

Vous centrez votre propos sur les moins de trois ans. Pourquoi cette période est-elle si particulière ?

Avant trois ans, le jeune enfant est dans une période féconde sur le plan développemental, c’est une période sensible. Les bases du langage, de l’attention, de la relation, les fonctions sensorielles et la régulation des émotions se construisent alors très rapidement. Le bébé apprend en engageant tout son corps : il regarde, écoute, touche, bouge et découvre les effets de ses actions, source de l’estime de soi. Il se développe aussi dans les échanges avec l’adulte, qui répond à ses manifestations et l’aide à donner du sens à ce qu’il éprouve. Les écrans peuvent prendre la place de ces expériences essentielles à un moment où il en a particulièrement besoin.

Qu’est-ce qu’un écran ne peut pas remplacer dans cet échange ?

Un écran ne peut pas remplacer une personne qui capte le regard du bébé, comprend son appel et ajuste sa réponse à ce qu’il vit. Dans une interaction, l’adulte adapte sa voix, ses gestes et le rythme de l’échange ; il partage une émotion et aide l’enfant à s’apaiser. Le bébé fait ainsi l’expérience d’être entendu et de pouvoir agir sur la relation. Même un contenu présenté comme éducatif ne remplace pas cette réciprocité, ni la richesse des découvertes corporelles et sensorielles du monde réel. Un enfant avant l’âge de 4 ans ne peut transposer aucun apprentissage effectué en 2 dimensions (écrans) en 3 dimensions (les expériences concrètes), de plus avant cet âge il n’acquiert pas l’usage de la langue à partir des écrans.

Quels effets observe-t-on concrètement, et peut-on revenir en arrière ?

Les effets rapportés concernent notamment moins d’échanges et de paroles partagées, des difficultés de langage (compréhension et expression) et d’attention, un sommeil perturbé, une construction d’une sensorialité atypique et une régulation émotionnelle plus difficile ou dysfonctionnelle. Lorsque l’écran sert régulièrement à calmer l’enfant (lors d’une colère, par exemple), il peut devenir son moyen privilégié d’apaisement, au détriment de l’apprentissage avec l’adulte d’une capacité autonome pour y parvenir (régulation des émotions).

Des améliorations sont possibles lorsque l’exposition diminue et que les interactions, le jeu et l’exploration retrouvent leur place. On peut donc agir, sans promettre que toutes les difficultés disparaîtront ni attribuer systématiquement chaque trouble aux écrans. Le message aux parents est qu’il est utile de modifier leurs habitudes et de les accompagner dans ce changement.

La famille hyperconnectée : trouver l’équilibre, avec Lise Haddouk

Qu’entendez-vous par « hyperconnectivité » ? Quand passe-t-on d’un usage ordinaire à un usage qui pose problème ?

Être hyperconnecté, ce n’est pas seulement passer beaucoup de temps devant un écran : c’est perdre la maîtrise de ce temps, au point que les relations, le travail ou le sommeil en pâtissent. Le signal d’alarme auquel il faut être attentif, plus que le décompte des heures, est la rupture des liens engendrée par ces pratiques numériques.

Des difficultés attentionnelles peuvent aussi apparaître, notamment à la suite d’usages prolongés ou nocturnes qui affectent la qualité du sommeil. Un autre indicateur important est la réduction des centres d’intérêt au seul écran, et la diminution de la capacité à s’investir dans des activités variées, y compris ludiques ou de loisir.

Les écrans sont-ils forcément l’ennemi de l’harmonie familiale ? Peuvent-ils aussi relier ?

Les écrans ne sont ni une menace ni une solution en soi : c’est la manière dont la famille s’en empare qui est déterminante. Les outils numériques peuvent même créer du lien, à condition que les pratiques se partagent entre générations et qu’un cadre éducatif solide résiste à leur attraction.

Ils offrent aussi aux familles éloignées un moyen précieux de rester proches, malgré la distance : messages, appels vidéo, échanges quotidiens.

Comment en parler avec un adolescent sans que cela tourne au conflit ?

Le dialogue est parfois difficile à maintenir, surtout quand un conflit éclate. Il est souvent plus facile d’en parler une fois la crise passée.

Ce dialogue, une fois établi, permettra peut-être de comprendre pourquoi l’adolescent utilise autant ses écrans. Dans certains cas, ces usages problématiques peuvent être le reflet d’un mal-être, de difficultés sociales ou d’un sentiment de solitude. Il permettra aussi d’expliquer à l’adolescent que les écrans ne sont pas un simple loisir, et que leurs usages peuvent peser sur son sommeil, sa concentration, son état émotionnel ou ses relations.

À travers ce dialogue, certaines règles d’usage pourront être établies ensemble. Le comportement des adultes avec leurs propres écrans et la valorisation de temps de déconnexion auront aussi un impact sur la qualité de ce dialogue entre générations.

Pour conclure : où s’adresser ?

Une ressource ou un lieu vers lequel orienter un parent inquiet en dehors de l’Espace Parent-Enfant qui accueille, informe et soutient les familles ?

Nicole Garret : La PMI, la protection maternelle et infantile, est un lieu vers lequel les parents peuvent se tourner pour parler du développement de leur bébé et de la place des écrans au quotidien. Ils peuvent également en parler au médecin ou au pédiatre qui suit leur enfant. L’important est de pouvoir décrire ce qui les inquiète, faire le point sur le sommeil, le langage et les échanges, et trouver un accompagnement pour modifier les habitudes. Si des difficultés persistent, ces professionnels pourront les orienter vers une consultation spécialisée.

Lise Haddouk : trois ressources en ligne :

Pour aller plus loin sur ces questions, l’Espace Parent-Enfant vous donne rendez-vous le 17 novembre.

Atelier : Les parents et les écrans, Comment trouver notre équilibre entre l’hyperconnectivité et l’harmonie familiale ?

Animé par Coraline SCHOENACKER et Lise HADDOUK le mardi 17 novembre 2026 de 12h30 à 13h45 en distanciel

Conférence : Les écrans et les jeunes enfants : une histoire à risque ?

Mené par Nicole Garret le mardi 17 novembre pour une conférence-débat :

Pour s’inscrire à l’atelier ou à la conférence, il suffit de réserver.
Renseignements par téléphone au 01 41 23 92 20
Inscriptions via eventbrite

Atelier : Les parents et les écrans, en distanciel

Comment trouver notre l’équilibre entre l’hyper-connectivité et l’harmonie familiale ?


L’atelier est animé par Lise HADDOUK, psychologue clinicienne, docteure en psychologie, Maître de conférences – HDR en psychologie à l’Université de Rouen, membre du centre BORELLI.

Un lien Teams sera envoyé par mail.
Inscription sur espaceparent-enfant@clavim.asso.fr
ou par téléphone au 01 41 23 92 20

Mardi 17 novembre de 12h30 à 12h45

Conférence : Les écrans et les jeunes enfants : une histoire à risque ?

La conférence abordera la question des usages des écrans pour les enfants de moins de trois ans révolus. Notre objectif est de vous présenter les données scientifiques internationales les plus récentes permettant de mieux comprendre les mécanismes en jeu lors de l’exposition précoce aux écrans, avant même d’en détailler les effets observés.

Par Nicole Garret-Gloanec, membre expert du Haut conseil de santé publique, Commission spécialisée Santé des enfants et des jeunes.

Le mardi 17 novembre 2026 à 20h30

Les structures d’accueil pour les touts-petits 

Un logo indiquant "l'Aparté Issy-les-Moulineaux"

L’Aparté

L’Aparté est un lieu d’accueil pour les bébés et les enfants de moins de 4 ans accompagnés de leurs parents ou d’un adulte familier dans la filiation de la Maison Verte créée par Françoise Dolto. Il s’agit de « socialiser l’enfant en présence de ceux grâce à qui il sait qui il est », c’est-à-dire sans le séparer de ceux qui assurent sa sécurité affective.

À l’Aparté, le petit enfant est assuré de la présence de la personne qui l’accompagne et qui le connaît bien. Il voit d’autres enfants, d’autres adultes, va progressivement à leur rencontre, à son rythme, sachant que dans ses multiples avancées, il pourra toujours revenir se rassurer vers celle ou celui avec qui il est arrivé.

Le Moulin des Minots

Le Moulin des Minots est un établissement hybride, insolite et original. À la fois conçu comme un café (sans alcool) et un espace ludo-éducatif, il s’affiche comme un nouveau royaume de l’enfant, là où celui-ci pourra s’épanouir et s’exprimer pleinement sans jugement en laissant se déployer son imagination, sa créativité et son enthousiasme.

Véritable lieu convivial où peuvent se retrouver les familles, les voisins, les copains, les grands frères et les grandes sœurs, les grands-parents, les parents et beaux-parents, mais aussi ponctuellement les intervenants spécialisés des associations partenaires, l’endroit est propice à la détente et au repos, aux projets solos ou en groupe ou encore à l’organisation des rues aux enfants.

C'est quoi une ville amies des enfants ?

Que signifie aujourd’hui, pour l’UNICEF France, être « Ville amie des enfants » ?
Pour répondre à cette question, Adéline Hazan, présidente de l’UNICEF France, a accepté de répondre à nos questions.

Être Ville amie des enfants, c’est faire du respect des droits de l’enfant un principe de l’action d’une collectivité. Cela implique d’intégrer non seulement aux politiques de l’enfance et de la jeunesse, mais aussi à celles de la santé, de la culture, des mobilités ou encore de l’aménagement urbain.

Fondée sur la Convention internationale des droits de l’enfant, la démarche invite ainsi les collectivités à dépasser une approche sectorielle pour construire une véritable culture locale des droits de l’enfant.

Issy-les-Moulineaux est engagée de longue date dans ce réseau. Selon vous, qu’apporte cette ville à la démarche nationale ?

Issy-les-Moulineaux apporte au réseau la force d’un engagement inscrit dans la durée. La ville agit à chaque étape du parcours de l’enfant, de la petite enfance à l’entrée dans la vie adulte, en associant soutien aux parents, éducation, participation, citoyenneté et accompagnement des jeunes.

Cette continuité constitue un véritable atout. Elle montre qu’une politique locale en faveur des enfants ne repose pas sur une succession de dispositifs, mais bien sur une vision partagée et un écosystème d’acteurs qui travaillent ensemble.

La participation

Issy s’engage à consulter les enfants et les jeunes, notamment avec ses conseils de jeunes. Pourquoi la participation est-elle un pilier de la démarche, et pas seulement un « plus » ?


Un enfant est une personne titulaire de droits. Parmi eux figure le droit d’exprimer librement son opinion sur les décisions qui le concernent et de voir cette opinion prise en considération. La participation n’est donc ni symbolique ni facultative : elle découle directement de la Convention internationale des droits de l’enfant.

Elle est également de nature à améliorer la qualité de l’action publique. En associant les enfants et les jeunes aux projets municipaux, les collectivités comprennent mieux leurs usages, leurs besoins et leurs attentes. L’enjeu est ensuite de leur expliquer ce qui a été retenu, ce qui ne l’a pas été et pour quelles raisons. C’est cette restitution qui donne toute sa valeur à la participation.

La consultation nationale de l’UNICEF donne la parole à des milliers d’enfants. Qu’en ressort-il, et comment les villes peuvent-elles s’en servir ?

Issy-les-Moulineaux contribue activement, depuis plusieurs années, à la consultation nationale de l’UNICEF France. Celle-ci permet aux enfants et aux jeunes de partager leur expérience concrète de leurs droits : santé mentale, harcèlement, inégalités, environnement ou encore place dans l’espace public.

Pour les collectivités, ces résultats constituent un véritable outil d’aide à la décision. Ils permettent de confronter les politiques conduites à l’expérience vécue par les enfants, d’identifier les difficultés qui demeurent et de faire évoluer les priorités locales.

L’Aparté et le Moulin des Minots : la petite enfance et le droit au jeu

Pourquoi l’UNICEF insiste-t-elle tant sur les premières années de la vie ?

Les 1000 premiers jours de vie, et plus largement les premières années, constituent une période déterminante pour le développement de l’enfant, ceci est désormais démontré par l’ensemble des spécialistes. C’est lors de cette période que se construisent les bases du langage, des apprentissages, du rapport aux autres et de la santé future. Tout ce qui favorise la sécurité affective, le lien avec les parents, les interactions sociales et les découvertes contribue à son développement.

C’est pourquoi nous sommes particulièrement attentifs aux lieux comme l’Aparté, qui offrent aux jeunes enfants et à leurs parents un espace d’écoute, de rencontre, de jeu et d’échanges dans un cadre bienveillant.

Comment les villes peuvent-elles mieux concrétiser le droit au jeu ?

Le jeu est un droit fondamental reconnu par la Convention internationale des droits de l’enfant. Il contribue au développement, à la créativité, à la confiance en soi et à la relation aux autres.

Le concrétiser ne consiste pas seulement à installer des équipements dédiés. Il faut aussi penser des espaces publics accessibles, des cheminements sécurisés et des lieux culturels accueillants pour les enfants. Dans une ville dense comme Issy-les-Moulineaux, cela suppose de concevoir l’aménagement urbain et les mobilités à hauteur d’enfant.

L’Espace Jeunes Anne Frank : la place des adolescents et des jeunes

Que représente un lieu comme l’Espace Jeunes Anne Frank ?

L’Espace Jeunes Anne Frank répond à un besoin essentiel : offrir aux adolescents un lieu identifié, accessible et accueillant, dans lequel ils peuvent être accompagnés sans être jugés.

Sa force réside dans la diversité des réponses proposées, de l’orientation à l’engagement citoyen, en passant par la mobilité, l’insertion et le soutien aux projets. Un tel lieu ne fait pas seulement « pour » les jeunes : il leur donne les moyens d’agir, de développer leur autonomie et de trouver leur place dans la vie locale.

Quel rôle peuvent jouer les lieux d’écoute et d’accueil de proximité ?

Les lieux d’écoute et d’accueil de proximité jouent un rôle essentiel de prévention. Les adolescents ont besoin d’endroits où ils peuvent être écoutés, trouver des repères et être accompagnés avant que les difficultés ne s’aggravent.

Les lieux de proximité permettent de lutter contre l’isolement, de renforcer le lien social et d’orienter les jeunes lorsque cela est nécessaire vers des professionnels spécialisés. Ils complètent utilement l’action des acteurs sanitaires et sociaux.

L’Espace Andrée Chedid : le soutien aux parents

En quoi ce type de lieu répond-il aux attentes de l’UNICEF ?

Nous savons qu’il est souvent difficile d’être parent aujourd’hui. Les familles sont confrontées à de nombreuses interrogations et parfois à des situations complexes.

Des lieux comme l’Espace Andrée Chedid ou l’Espace Parent-Enfant permettent d’offrir des réponses concrètes : écoute, conseils, médiation familiale, groupes de parole, soutien à la parentalité ou encore accompagnement des familles dès les 1 000 premiers jours. Ils contribuent à lutter contre l’isolement des parents et renforcent leur capacité à accompagner leurs enfants. Lorsqu’une collectivité soutient les parents, elle agit également en faveur des enfants.

Le bien-être de l’enfant passe-t-il d’abord par celui de sa famille ?

Le bien-être de l’enfant et celui de son environnement familial sont étroitement liés. Lorsqu’un parent est écouté, soutenu et accompagné, il est mieux à même de répondre aux besoins de son enfant.

Le soutien à la parentalité constitue donc un levier de prévention important. Les communes peuvent agir en proposant des lieux ressources, en facilitant l’accès aux droits et en orientant les familles vers les professionnels compétents.

Perspectives

Quels sont aujourd’hui les grands défis pour les droits de l’enfant en France ?

Les droits de l’enfant sont aujourd’hui fragilisés par la pauvreté, les inégalités territoriales et les difficultés croissantes de santé mentale. À ces enjeux s’ajoutent les effets du changement climatique, les transformations liées au numérique et la nécessité de mieux associer les enfants aux décisions publiques.

Notre priorité collective doit rester la même : garantir à chaque enfant l’exercice effectif de ses droits, quel que soit son territoire, sa situation sociale ou son environnement familial.

Quel message adresseriez-vous aux jeunes Isséens et à leurs familles ?

Aux enfants et aux jeunes d’Issy-les-Moulineaux, je veux dire que leur parole compte et qu’elle doit pouvoir produire des effets concrets. Je les encourage à partager leurs idées, à participer à la vie locale et à exercer pleinement leurs droits.

Aux familles, je veux rappeler qu’elles peuvent s’appuyer sur les services publics, les associations et les professionnels du territoire. Enfin, à l’ensemble des acteurs locaux, je souhaite adresser un message simple : c’est en écoutant les enfants et en agissant avec eux que nous construirons une ville plus accueillante, plus juste et plus durable pour toutes et tous.

Adéline Hazan

Présidente de l'UNICEF

Les droits de l’enfant

QUESACO Les droits de l’enfant ?

Le Micro-trottoir des Minots
Durant les samedis de novembre, les enfants s’essaieront au métier de journaliste en  questionnant petits et grands sur les droits de l’enfant. Ce sera une occasion en or pour recueillir la parole des enfants et sensibiliser les habitants sur les grandes dates et principes fondateurs des droits des enfants.
Les samedis 7, 14 et 21 novembre de 10h à 12h
Lieu : Le Moulin des Minots
Public : 6/10 ans et plus
Entrée libre

Les élèves ambassadeurs

Le vendredi 27 novembre, le CLAVIM accueille les élèves ambassadeurs du collège Victor-Hugo pour une formation de quatre heures consacrée à la lutte contre le harcèlement, dans le cadre du programme pHARe de l’Éducation nationale. Les élèves y seront d’abord sensibilisés à l’empathie, puis découvriront des outils pour repérer une situation à risque et savoir vers qui se tourner lorsqu’un danger est détecté. La matinée fera aussi une place à la communication non violente et à la médiation, avant de se conclure par un concours d’affiches.

Soirée tribunal : les jeunes plaident pour leurs droits

Le vendredi 20 novembre, jour anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant, la Maison des Hauts d’Issy transforme ses locaux en salle d’audience. Cette soirée est réservée aux jeunes inscrits à l’aide aux devoirs, qui troquent leurs cahiers contre la robe d’avocat le temps d’une soirée.

Ils partiront de situations concrètes vécues par des enfants. À eux d’analyser chaque cas, de construire leurs arguments et de les défendre devant leurs camarades, avant de rendre une décision. Leur seule boussole sera les droits fondamentaux inscrits dans la Convention : le droit à l’éducation, à la protection, à être entendu.

C’est une manière vivante de découvrir des droits souvent méconnus de ceux-là mêmes qu’ils concernent. Les jeunes y apprennent aussi à prendre la parole, à écouter l’autre et à argumenter.

Débattre et s’engager : deux rendez-vous autour des droits

La Maison de quartier des Épinettes ouvrira exceptionnellement ses portes en soirée pour accueillir un débat sur les droits, destiné aux jeunes du quartier. La date sera fixée avec eux. Le groupe, semi-ouvert, est constitué par les éducateurs, et chacun peut venir accompagné d’amis.

Les éducateurs de prévention proposeront également une sortie au théâtre à Paris pour assister à Le Procès d’une vie. La pièce retrace le combat de l’avocate Gisèle Halimi lors du procès de Bobigny, consacré à la question de l’avortement. Cette sortie, dont la date reste à déterminer, s’adresse à un petit groupe fermé de quatre jeunes au maximum, grands adolescents ou jeunes majeurs, choisis par les éducateurs.

Soirée cuisine & débats sur les droits de l’enfant

Les jeunes font les courses, cuisinent ensemble puis partagent un repas. Celui-ci est rythmé par des échanges : questions ouvertes, débats pour/contre, débats mouvants, sur les relations interpersonnelles et sexuelles, la famille, l’école, la justice et les discriminations, à l’appui du Code civil junior. L’objectif est de créer un cadre de confiance entre jeunes pour permettre les échanges.

Escape Game UNICEF – Égalité fille/garçon

Dans cet escape game créé par l’Unicef, les jeunes mènent une enquête sur l’égalité fille-garçon, les violences, les droits de l’enfant et l’histoire de l’Unicef. Le jeu est l’occasion de débattre, découvrir et s’enrichir. 

La programmation

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Les lieux

La Halle des Épinettes

45-47 Rue de l’Égalité
Tél : 01 46 38 21 05
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Médiathèque Centre-Ville

33 rue du Gouverneur Général Éboué
Tél : 01 41 23 80 69
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Médiathèque des Chartreux

2 rue du Clos Munier
Tél : 01 41 23 81 62
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Le Temps des Cerises

90/98 Promenade du Verger
Tél : 01 41 23 84 00
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L'Espace Andrée Chedid

90/98 Promenade du Verger
Tél : 01 41 23 82 82
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La Maison de la Ferme

31/33 Rue du Dr Lombard, 92130 Issy-les-Moulineaux
Tél : 01 41 23 91 58
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La Maison des Hauts d'Issy

16 Rue de l’Abbé Derry, 92130 Issy-les-Moulineaux
Tél : 01 41 23 90 02
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La Maison des Épinettes

Impasse des 4 Vents
Tél : 01 46 42 91 27
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Espace Ludique Marcel Aymé

15 Allée Sainte-Lucie
Tél : 01 41 23 81 60
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Le Moulin des Minots

7 Allée Sainte-Lucie
Tél : 01 41 23 88 60
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Espace icare

31 Boulevard Gambetta
Tél : 01 40 93 44 50
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Luodthèque

18 Rue de l’Abbé Derry, 92130 Issy-les-Moulineaux
01 41 23 81 50
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